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Conseil municipal du 30 janvier 2015

Faire de Toulouse une ville solidaire, citoyenne, émancipatrice et durable

Propos liminaires au nom du groupe Toulouse Vert Demain

Monsieur le Maire, Chers collègues,

L’année 2015 a démarré par d’atroces violences, dans le sang : le massacre de la rédaction d’un journal, de représentants de l’Etat, l’assassinat de français de confession juive parce qu’ils sont juifs.

Les Toulousaines et les Toulousains, déjà marqués par les meurtres de Mohamed Merah en 2012, ont réagi comme les Français, de la plus digne des manières, en allant marcher, souvent en famille, pour afficher leur attachement aux valeurs de la République, pour la liberté d’expression, pour redire leur exigence envers un débat public de qualité. A Toulouse, nous étions 120 000.

En tant qu’écologistes, nous y voyons une manifestation d’un sursaut citoyen, notion que nous préférons à celle d’unité nationale, plus ambigüe. Parce qu’il serait bon de garder à l’esprit que derrière l’émotion très largement partagée et belle parce qu’elle nous renvoie à notre commune humanité, il n’y a pas unanimité des analyses sur les causes profondes de ce qui s’est passé, ni unanimité sur les réponses à apporter. Gardons-nous d’asphyxier la réflexion qui doit être la nôtre sous couvert d’une injonction à l’unité qui a trop souvent justifié des lois d’exception par le passé – sans que celles-ci ne démontrent leur efficacité.

Aujourd’hui, au-delà de l’intensité de l’émotion que nous avons tous ressenti, la question est posée : et maintenant ? Quelle réponse citoyenne, quelle réponse éducative, culturelle, politique ?
Il faut se méfier des réponses simplistes qui ne servent qu’à donner des gages de fermeté à l’opinion. Ne pas céder à la peur et à la tentation de lois d’exception en cédant sur les valeurs pour lesquelles nous avons manifesté.
Puisque nous sommes républicains, faisons vivre la devise républicaine en refusant les discours de haine et les amalgames. Veillons à être clairs dans notre application de la liberté d’expression.
Puisque nous sommes républicains, redonnons du sens à l’aspiration à l’égalité en la traduisant en actes par des politiques de solidarité, et non par des incantations.

Ici, en tant qu’élus du peuple, ces évènements nous donnent à toutes et à tous une responsabilité singulière. Une responsabilité qui n’est pas nouvelle, mais qui est en quelque sorte réaffirmée :
c’est à nous toutes et tous, ici, citoyens engagés, journalistes, élus, de la majorité comme de l’opposition, agents du service public, nous tous qui faisons vivre le débat public (chacun à notre façon, chacun à notre manière), et particulièrement c’est à nous, les élus, de montrer que le message d’exigence que nous ont adressé les Toulousaines et les Toulousains, l’ensemble des Français, le samedi 10 et dimanche 11 janvier, a bien été reçu.
C’est à nous de faire vivre un débat public de qualité, sans concession, sans mesquineries. Un débat public dont les objectifs sont clairs :
- mettre à l’ordre du jour des discussions, les enjeux d’aujourd’hui et de l’avenir, distinguer le fondamental du futile.
- permettre au citoyen de se forger un avis éclairé, de formuler des propositions.

Vous comprendrez que dans ce contexte, je forme le vœu que cette enceinte soit un exemple. Un témoignage d’échanges de qualité, respectueux des personnes, avec des débats de fonds où la forme des interventions permette aux débats de rester efficaces et constructifs.

Pour revenir aux débats de fond justement…
Je veux relever ici, que fin janvier 2015, nous n’avons toujours pas de débat budgétaire à Toulouse alors qu’à la métropole on a déjà voté le budget.

Résultat : on va voter dans le brouillard aujourd’hui sur un certain nombre de délibérations.
Presque un an après votre élection, on ne sait pas où vous allez…

En revanche, vous reniez déjà certains de vos engagements : dans les commissions de quartier, nous avons pu constater l’écart entre les projets de quartiers présentés lors des élections, et ceux mis en œuvre.

Quant à l’engagement de ne pas augmenter les impôts, il est déjà resté dans les cartons face à votre « pragmatisme » j’imagine puisque vous avez déjà proposé une augmentation des impôts à la métropole ET que nous votons aujourd’hui des impôts supplémentaires, la taxe d’habitation résidence secondaire et de séjour, mais nous en reparlerons puisque nous voterons ces choix.

Nous notons donc l’absence de vision globale et de débat des priorités.

En ce début d’année, je veux marquer les 3 priorités des écologistes :

1) Faire de Toulouse une ville solidaire et citoyenne : réunifier la ville, donner la parole, écouter, protéger, intégrer à l’histoire commune

Nous devons porter une grande affirmation laïque. La laïcité se défend.
Pour cela il faut que la République tienne ses promesses de liberté de conscience, d’égalité de droits, de fraternité universelle et de lutte contre toutes les discriminations.

Nous voulons une municipalité au front social, culturel, expliquant que nous faisons cité.
Du point de vue culturel, nous déplorons l’annulation par la municipalité du Festival Les Petites Formes, qui devait débuter mardi dernier à Bagatelle, et apportons notre soutien aux artistes, habitant-e-s mobilisés ce matin. Cela nous interroge sur la place de la culture en tant qu’outil de lien social et d’émancipation. A cet égard la municipalité envoie un signal désastreux qui ne peut que nous interroger sur le devenir de la politique culturelle dans les quartiers
Dire aux quartiers en difficulté qu’on va se battre pour une politique de la ville audacieuse, alors que les contrats de ville sont en re-discussion. Qu’enfin les habitant-e-s auront place dans ce processus.
Une politique de santé publique : soutien au Planning Familial qui pourrait fermer l’année des 40 ans de la loi Veil… Nous demandons à ce que Toulouse et Toulouse Métropole s’engagent à permettre la table ronde des pouvoirs publics que souhaite organiser l’association depuis plusieurs semaines.

2) Faire de Toulouse une ville émancipatrice : soutenir l’émergence de tous les talents, et libérer les énergies, de la petite enfance à la jeunesse

La petite enfance est un moyen essentiel pour attaquer nos maux à la racine. C’est un lieu de mélange extraordinaire. C’est d’abord là que beaucoup se joue.
= lien avec questions à venir sur la politique opaque menée aujourd’hui par la municipalité / nous en reparlerons tout à l’heure.

Permettre à chaque jeune Toulousain-e de trouver les lieux d’expression, d’engagement, en accédant à la culture, à la pratique artistique, au sport.
= la politique jeunesse absente de vos priorités.

Le soutien aux personnels des CLAE, en proie aux doutes, comme tous les acteurs de l’éducation.
= concernant l’éducation, vous avez annoncé un maintien des postes mais ce n’est pas une fin en soi, quid du projet éducatif territorial ?

3) Faire de Toulouse une ville durable : préparer l’avenir

On ne prépare pas l’avenir en reproduisant les erreurs du passé…
Privatisation autoroutes hier / aujourd’hui la privatisation de l’aéroport, réaffirmation de l’opposition des écologistes et appel et soutien à la manifestation de samedi.
La planète a atteint ses limites.
Les études montrent que les principales limites transgressées sont celles du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité.

Alors que la volonté qui s’affirme dans d’autres grandes villes, cf Hidalgo à Paris (fin du diesel, engagement sur la transition énergétique…), Toulouse serait bien inspirée de suivre l’exemple, Toulouse est absente de ces enjeux.
Les enjeux énergétiques et climatiques restent absents de vos priorités, de tous vos discours (des vœux), ce qui nous inquiète sur l’engagement de nos collectivités (Toulouse et Toulouse Métropole) face à ce défi écologique, l’année même, 2015, où la France reçoit la Conférence internationale sur le Climat / lien rapport DD qui sera présenté après…

Monsieur le Maire, j’espère vous entendre éclaircir vos intentions sur ces enjeux là, ces trois priorités pour 2015 et pour le reste du mandat (ville durable, ville émancipatrice et ville solidaire et citoyenne), que j’ai présentées parce que réunifier la ville est un impératif social, pour libérer les énergies et préparer l’avenir.
C’est à la fois urgent vu le contexte national, c’est aussi une nécessité pour répondre aux enjeux de fond qui concernent du local au global...

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