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Intervention lors du débat d’orientation budgétaire

Vendredi dernier avait lieu le Conseil communautaire du Grand Toulouse, dont l’ordre du jour était dominé par le débat d’orientation budgétaire. Ci-dessous, je vous propose de lire mon intervention, en tant que Président du groupe des élus Verts.

Monsieur le Président, chers collègues,

les réformes entreprises par le gouvernement laissent les collectivités dans une incertitude désolante. Mais ce n’est pas pour autant que nous ne devons pas discuter de notre budget. Le Premier ministre s’est engagé à ce que les ressources des collectivités soient maintenues. Pour 2010. Prenons le au mot et partons de là pour mener un débat véritable, sur notre budget et donc sur les priorités que nous défendons concrètement. Pour les élus Verts, ce sont les transports qui doivent être le point cardinal de notre action, parce qu’ils structurent notre action tant dans le domaine social, qu’économique, écologique ou en termes d’espace public. Pour réaliser le projet de PDU que nous avons approuvé, il faut 120 à 130 millions d’euros supplémentaires chaque année. Le Grand Toulouse doit prendre sa part dans cet effort. C’est en effet sur notre territoire que se concentre l’essentiel des infrastructures à programmer, et ce sont les habitants de notre agglomération qui bénéficieront le plus des investissements réalisés. La question qui se pose alors est : est-ce que nous donnons bien la priorité aux transports ? Est-ce que nous mobilisons les ressources nécessaires pour cela ?

Le Grand Toulouse ne doit pas non plus être le seul à participer. L’Etat, en particulier, devrait faire beaucoup plus. Le Grenelle I a dégagé 800 millions d’euros pour les transports collectifs durables. Et, faute d’avoir pu rendre nos projets visibles et convaincants, notre agglomération n’a reçu que 13 millions. A comparer aux 30 millions reçus par Montpellier, aux 42 de Bordeaux, sans même parler des 35 milliards (donc 35 mille millions) du Grand Paris ! Nous ne devrons donc pas regarder passer le train du Grenelle II, qui promet 1,8 milliard à l’ensemble des villes de province.

Les autres agglomérations, telles que le Sicoval, devront aussi augmenter considérablement leur financement pour les transports, dans l’intérêt collectif des habitants de nos territoires.

Quant au Conseil général, nous souhaitons qu’il reprenne sa place pour le développement des transports en commun. Pour le moment, il fait moins qu’auparavant. Pourtant, nous devons nous réjouir de son engagement, qui n’est pas le cas de bon nombre de Conseils Généraux dans les autres grandes agglomérations.

Aussi, nous ne pouvons plus renvoyer uniquement les autres collectivités à leurs responsabilités. Il faut au contraire permettre à la machine de se remettre en mouvement, et que ce mouvement entraîne les autres.

Alors, maintenant, revenons à notre budget, et réfléchissons à nos ressources. Le Grand Toulouse doit prendre l’initiative. Il doit mobiliser ses propres ressources.

Nous avons fait le choix de diminuer la participation des usagers au coût des transports en commun. Et l’on ne peut que se réjouir de cette incitation à utiliser les transports collectifs. Mais nous devons aujourd’hui nous poser la question de l’opportunité de créer une contribution nouvelle, spécifiquement allouée aux transports collectifs.

Il faut aussi que le budget voirie soit en grande partie consacré aux aménagements qui favorisent les transports en commun et les modes doux.

Ensuite, on peut s’interroger sur l’opportunité de certains projets, du moins sous les formes qu’ils semblent aujourd’hui adopter. Par exemple, le déménagement du parc des expositions, dont le coût ne sera pas une bagatelle. Est-ce que le projet est justement dimensionné, dans son coût comme dans son ampleur, par rapport aux retombées prévues et aux infrastructures existantes ? Une offre de transports digne de ce nom contribue t-elle pas au moins autant au rayonnement et à l’attractivité de notre territoire par le réaménagement de l’espace public, la façon de vivre ensemble sur un territoire ?

Ainsi, pour les Verts, ce budget doit faire la part belle aux transports, qui façonnent une agglomération dans toutes ses dimensions, qui lui permettent d’être solidaire, innovante, écologique. Qui permettront de faire du Grand Toulouse une vraie métropole européenne. Pour le groupe des élus Verts, la Communauté urbaine doit prendre ses responsabilités. Rien que ses responsabilités, mais toutes ses responsabilités.

Je vous remercie.

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