Élu Écologiste à Toulouse

5 ans de la COP 21 : Bientôt les pieds dans l’eau ?

L'Aude aura bientôt les pieds dans l'eau et les politiques regardent ailleurs…

Il y a 5 ans, on se réjouissait de la signature des accords de Paris qui venaient conclure la Cop 21. 

5 ans après, nous célébrons pourtant un triste anniversaire. Triste, car on doit constater avec António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, que  « les politiques climatiques ne sont pas à la hauteur des objectifs fixés ».

Le mois de novembre 2020 est le plus chaud jamais enregistré avec 1,3°C au-dessus des températures normales saisonnières ; les catastrophes naturelles – qui n’ont rien de naturel puisqu’elles sont la conséquence de dérèglements climatiques liés à l’activité humaine – ont augmenté de 20% en France depuis 5 ans.

Nos émissions de gaz à effet de serre, continuent quant à elles d’augmenter  de 2 à 3% par an ce qui, si nous persistons à ne pas faire ce qu’il faut,  nous mènera, selon le GIEC, non plus à +2°C d’augmentation des températures en 2100 mais bien entre + 4°C et plus +7°C ! L’action est donc insuffisante et la méthode n’est pas la bonne. Il faut anticiper davantage.

Une politique qui anticipe 

Anticiper est l’un des maîtres mots de la lutte contre le dérèglement climatique et ses effets. Et c’est justement ce que ne parviennent pas à faire les politiques à l’œuvre actuellement, qu’elles soient de droite ou de gauche, tant au niveau national que dans les régions.

L’exemple de la ligne côtière de chemin de fer dans l’Aude est en cela très parlant. 

Hier matin, les militant.e.s d’EELV Aude ont fêté à leur manière les 5 ans des accords de Paris par une action à la Palme, à proximité de la ligne qui sera à long terme, submergée. Cette action visait à montrer, concrètement, quel serait le niveau de la mer à cet endroit dans 50 ans. À cet endroit pourtant, les conséquences de la proximité de l’eau se font déjà sentir puisque cette portion de ligne de chemin de fer est l’une des plus coûteuses à l’entretien de tous les réseaux ferrés de France. Et ce justement  en raison de sa proximité avec la mer. Il est prévu de construire une nouvelle ligne de chemin de fer pour les voyageurs jusqu’à Perpignan alors que, l’immersion prochaine et certaine de la ligne actuelle rendrait nécessaire l’aménagement d’une ligne mixte, qui soit à la fois praticable pour les marchandises et les voyageurs. L’exemple de cette ligne de chemin de fer montre clairement en quoi les politiques actuelles pèchent par manque d’anticipation. 

Mais le “problème” ne s’arrête pas à la zone côtière et ne le voir que sous l’angle du trait de côte, ferait oublier les autres conséquences de la montée des eaux.

Nous risquons par exemple un “effet cocktail” : effet combiné de toutes les conséquences du changement climatique : l’impact n’est alors plus seulement sur la côte mais sur les terres éloignées de la mer qui subissent la salinisation de leurs sols. Avec des conséquences totalement sous-évaluées aujourd’hui par les politiques, sur les cultures paysannes et viticoles entre autres. 

Ne l’oublions pas, les services rendus par la nature, c’est gratuit. Contrairement aux digues et autres interventions humaines très coûteuses à court terme et totalement inefficaces sur le long terme.

Écouter les leçons du passé… et les scientifiques

Beaucoup d’erreurs ont été commises en Méditerranée ces 50 dernières années. L’artificialisation de la côte notamment doit être stoppée sans attendre. Il n’ y a aucune concession, aucun “oui mais” qui soit entendable face au désastre annoncé. Nous devons écouter les leçons du passé. Nous devons aussi écouter les scientifiques qui connaissent la nature, la façon dont elle se comporte, s’adapte et anticipe : prenons l’exemple des dunes que l’on laisse détruire alors que même si elles sont moins spectaculaires en Méditerranée que sur la côte Atlantique, elles restent des remparts naturels qui s’adaptent et protègent naturellement les terres. La préservation des herbiers aquatiques représente également un enjeu majeur et pourtant méconnu. Il sont eux aussi des protections naturelles en plus d’être des capteurs de carbone exceptionnels. 

Le grand virage 

Nous devons cesser de souffler sur les braises de l’incendie que l’on prétend vouloir éteindre. Et cesser de souffler sur les braises, c’est sortir de cette logique d’artificialisation et d’exploitation de la côte et plus largement de la nature, qui continue de présider la plupart des politiques mises en œuvre sur nos territoires. Pulvériser quelques gouttes d’eau à coup de politiques supposément vertes, n’y suffira pas. 

Il y a urgence, ce dont nous avons besoin c’est un grand virage pour éviter le pire et préparer un avenir solide et harmonieux. Ce grand virage, seul.e.s les écologistes ont la volonté politique de le faire. Et les preuves sont là.

Grenoble a longtemps été réputée pour être l’une des villes les plus polluées de France. En six ans, pilotée par un maire écologiste, Eric Piolle, la ville est devenue capitale verte européenne. Six ans. C’est donc faisable et nous savons le faire. Au printemps dernier, les citoyennes et citoyens de grandes villes françaises ont confié les clés de leurs villes à des maires écologistes. Grenoble n’est plus seule et Poitiers, Bordeaux, Strasbourg, Tours connaîtrons, soyons-en sûr.e.s, le même destin heureux. 

Ce virage ne se fera pas contre la population, bien au contraire, il est attendu comme le montrent toutes les enquêtes d’opinion et comme nous le disent les habitant.e.s de nos quartiers, de nos campagnes et de nos villes. 

Il faut maintenant le faire à l’échelle de notre région. L’Occitanie en est capable. 

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Antoine Maurice

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