Élu Écologiste à Toulouse

Conseil municipal de rentrée à la Toussaint : Toulouse ne prend pas le virage de la transition écologique

Liminaire au Conseil municipal du 22 octobre 2021

Nous sommes réunis en ce conseil municipal de rentrée, étonnant à l’approche des vacances de Toussaint, mais lié à votre choix de limiter le nombre de nos conseils municipaux au minimum légal. 

Rentrée scolaire d’abord. Une rentrée dégradée. 

D’abord pour les étudiantes et étudiants, dans la lignée du manque d’investissements de l’Etat depuis plusieurs années, notamment via la baisse voire suppression des APL qui a touché de nombreux jeunes actifs et d’étudiants qui ont constaté une diminution voire une suppression totale de leurs aides.  Ou encore la récente annonce de supprimer les repas à 1 euro pour les étudiantes et étudiants non boursiers.  

A cela s’ajoute une augmentation du coût de la vie dans notre ville. (D’après le rapport annuel de l’Association Générale Etudiante de Midi-Pyrénées (AGEMP) sur le coût des études, celui-ci est en hausse de 3,21%.)  

Parmi les dépenses qui pèsent le plus on trouve sans surprise le logement. Ainsi 54 % des 18-25 ans déclarent avoir eu des difficultés à payer les charges liées au logement au cours de la crise sanitaire. Une problématique qui n’est pas en passe d’être résolue quand on voit l’absence de réponses apportées, notamment votre refus de candidater à l’encadrement des loyers comme l’ont fait Paris, Lyon, Lille, et Grenoble.  

Autre poste de dépense à prendre en compte : les transports. Et pour cause, c’est la hausse la plus importante toujours selon l’AGEMP : une augmentation de +10% entre 2020 et 2021.  Une hausse qui s’explique par l’augmentation des abonnements en transports en commun de Tisséo depuis le 1er juillet 2021, les tarifs de la gamme solidaire (jeunes, séniors, retraités) étant passés de 162 € au lieu de 153 € pour les abonnements annuels, soit 9 euros de plus. 

Vous ne soutenez pas nos étudiantes et étudiants mais contribuez à dégrader leurs conditions de vie. 

Ensuite, nos enfants.  

La rentrée des petits, qui s’annonçait déjà compliquée au vu des directives chaotiques de Jean Michel Blanquer, des moyens manquants dans de nombreuses écoles, par exemple des AESH qui se mobilisaient ce mardi pour dénoncer le manque de personnel, sera celle des économies faites sur le dos du bien-être des élèves de primaire et maternelle.  

Sur la qualité de nos écoles… Monsieur le Maire, vous avez célébré la rentrée scolaire en fanfare dans une école de la Gloire qui justement a des locaux vétustes et dangereux pour accueillir les enfants. Symbole d’un manque d’investissement dans la réhabilitation de nombreuses écoles indignes.  

Par ailleurs, en pleine pandémie de Covid, lors d’une rentrée à risque, la logique aurait dû être à un taux d’encadrement renforcé pour éviter les gros groupes. Vous avez fait le choix inverse en diminuant le taux d’encadrement par enfant en CLAE. Cette mesure d’économie comptable a des conséquences concrètes pour les 35000 petites Toulousaines et Toulousains rentrés en septembre dernier. Un accueil et des activités dégradés en temps périscolaire et sur le temps du repas. Sans compter que la situation des ATSEM va encore se dégrader. 

Comme pour l’écologie, encore une fois, vous ne faites pas le pari de la jeunesse, de l’avenir. Nous pensons que la santé, l’émancipation et la sécurité de nos enfants doit être notre priorité. 

Ces difficultés concernent aussi l’accès à nos services publics, et je pense notamment aux bibliothèques dont les modalités d’accès via le pass sanitaire pénalise tout le monde, entraînant notamment une baisse de fréquentation de 52% à Toulouse. Cela concerne notamment les enfants de 12 à 17 ans. Quand on sait la mission sociale que jouent souvent les bibliothèques et médiathèques de nos quartiers pour avoir accès à des ordinateurs notamment, comment accepter l’idée que des discriminations supplémentaires viennent s’ajouter à celles déjà existantes ?  

Nous ne comprenons pas la logique prise en compte par le gouvernement quand l’accès aux centres commerciaux est autorisé, et l’accès aux lieux culturels interdits dont les bibliothèques. 

Nous apportons également notre soutien aux professionnels confrontés depuis le 21 juillet à ces contrôles, sans aucun accompagnement des pouvoirs publics. Monsieur le Maire, allez-vous sortir de votre silence complice des choix gouvernementaux pour soutenir nos agents, et le bon sens ? 

Rentrée d’un triste anniversaire pour Toulouse ensuite.

Le 21 septembre dernier, nous commémorions les 20 ans de la catastrophe d’AZF. Nous présenterons en fin de conseil un vœu pour évoquer le besoin de poursuivre le travail de réconciliation des mémoires et de faire vivre la mémoire ouvrière et des risques industriels. 

20 ans après, les leçons de ce drame n’ont toujours pas été tirées. 20 ans après l’explosion d’AZF, 2 ans après l’incendie du site de Lubrizol, 1 an après celui de Beyrouth au Liban, 18 ans après la promulgation d’une loi qui instituait des « Plans de prévention des risques technologiques » (PPRT), 500 000 installations industrielles restent dangereuses en France.  

C’est à cet effet qu’il y a un an, nous avions voté un vœu pour demander au Préfet d’informer de la liste des installations classées protection de l’environnement utilisant combustibles et nitrate d’ammonium, ainsi qu’une communication des contrôles effectuées auprès des entreprises concernées. Nous n’avons pas reçu de réponse… 

Outre les ballastières, dans notre agglomération toulousaine, nous comptons plusieurs sites concernés par un PPRT, parmi lesquels Ariane Group, classée Seveso seuil haut, qui poursuit et développe ses activités sur l’île du Ramier, à quelques centaines de mètres de l’ancien site AZF ! Les mesures ne sont toujours pas prises pour garantir qu’un accident grave ne puisse plus jamais se produire. Ni ici ni ailleurs. 


Rentrée politique enfin  

Monsieur le maire, le 15 septembre dernier, à l’occasion d’une conférence de presse, vous avez fait votre rentrée politique qui avait valeur de coup d’envoi du mandat. 

7 ans après votre élection comme Maire, 14 mois après votre réélection, il était temps de présenter aux Toulousain.e.s une feuille de route du mandat… Le prétexte de la crise Covid pour expliquer ce retard à l’allumage ne tient pas quand on voit les autres Maires et équipes des grandes villes qui ont déjà engagé leur projet, leurs actions, notamment pour la nécessaire transition écologique.  

Le slogan de votre feuille de route : le nom de votre liste à peine modifié “Aimer bien vivre à Toulouse” et le logo de celle-ci. Seriez-vous donc le Maire uniquement de celles et ceux (22% des toulousains inscrits) qui ont voté pour vous ? 

En réalité, cette communication de rentrée a eu pour objectif de cacher la réalité de votre bilan d’1 an de ce mandat, et plus largement de vos 7 années de mandat : un non bilan, et même des régressions. La réalité témoigne d’une incompétence à répondre aux enjeux majeurs d’aménagement de notre territoire. En effet, dans cette période, vous avez vu les deux documents structurants de nos politiques pour les transports et l’urbanisme annulés par la justice : le PDU et le PLUIH. Aucune grande ville et métropole n’a vécu pareil camouflet.  

Plus que jamais, vous naviguez à vue, sans vision et sans cadre pour préparer l’avenir de notre ville. 

Vous reprenez ici ou là des mots clés, liés souvent d’ailleurs à des propositions que nous avions faites avec Archipel citoyen, je pense au développement du vélo, aux écoles oasis, à la ville 30, à la participation citoyenne, mais sans vous donner les moyens d’y aller vraiment. 

Si l’on revient à vos annonces sur le quotidien… rien de nouveau en réalité. 

La première priorité reste la sécurité : vous poursuivez le dogme du toujours + de caméras et de substitution à l’Etat sans analyser l’efficacité de cette politique. Les chiffres témoignent de l’augmentation des délits (les atteintes aux biens ont augmenté deux fois plus que la moyenne nationale; les atteintes volontaires à l’intégrité physique : 40 % de plus que la moyenne nationale). L’humilité et l’ouverture à une politique moins confuse et plus globale serait pourtant bienvenue. 

 
La seconde priorité reviendrait au « quotidien », avec notamment la consultation « Mes idées pour mon quartier ». La participation citoyenne organisée le mois dernier a montré l’attente forte des Toulousain.e.s en faveur de l’écologie. Pistes cyclables, végétalisation, gestion des déchets… sur les 1619 propositions recensées, 75% portaient sur l’écologie. Désormais, que va t-il en rester ? Vous proposez une méthode de compétition entre projets, plutôt que chercher à créer de la coopération par la mise en réseau de projets qui pourraient se compléter, se renforcer… et nous le regrettons. Nous verrons ce qu’il restera de toute cette énergie citoyenne derrière la belle promesse de participation. 

Quant au quotidien par exemple en matière de culture, nous verrons dans ce conseil que vous poursuivez une logique de baisse de soutien aux acteurs culturels.  


Enfin, la mobilité, à commencer par le vélo, serait la troisième priorité. Vous annoncez le doublement du budget comme étant une grande avancée. Mais avec un tel retard, cela reste bien insuffisant pour réaliser vos propres engagements, à savoir le schéma directeur des aménagements cyclables d’ici 2030 que vous avez fait voter. Pour réaliser les 1 000 km d’aménagements cyclables en 10 ans, il faut investir 50 millions d’euros par an. Votre programmation d’investissements en prévoit près de 4 fois moins. Là encore, des mots… mais peu d’actes. 

Par ailleurs, vous ne nous parlez plus des grands projets en disant qu’ils ont été lancés dans le précédent mandat, mais combien ont été réalisés ou seront réalisés d’ici la fin de ce mandat ? 

Aucun, sauf les allées Jean Jaurès. 

La 2nde rocade ? Un anachronisme que la réalité vous a fait abandonner. 

La 3ème ligne de métro ? Promise en 2014, promise en 2020… et ne sera toujours pas réalisée en 2026. 

L’espace d’expositions à la Grave ? A La Grave, on a vu sortir qu’un projet de promotion immobilière contesté et contestable… 

Le grand musée de l’histoire de Toulouse à l’hôtel de Lestang ? Passé à la trappe. 

La candidature à l’UNESCO ? Plus personne n’en entend parler. 

Le bassin de natation de 50 mètres pour accueillir des compétitions internationales au Centre Nautique Nakache ? Jamais engagé. 

Le réaménagement du quartier de la gare prolongé par un mail végétalisé entre Matabiau et l’avenue Jean-Rieux par la couverture de la voie ferrée ? Une chimère aussi oubliée. A la place, le projet de tour Occitanie de 150 m de haut a été lancé et il est loin de faire l’unanimité. 

L’auditorium de la prison St Michel ? Promis lors de deux campagnes municipales par vous M. Moudenc. Vous avez déclaré récemment : « Ce n’est pas un engagement, mais une proposition ». Quelle est votre intention sur le rachat de l’ex prison St Michel ? 

Avec vos promesses M. le Maire, vous brassez beaucoup d’air. On reconnaît bien les méthodes d’antan qui font plutôt de vous le Maire du vent d’autan. 

On ne peut donc que s’interroger sur votre promesse d’une maison de santé par quartier par exemple. Ou encore sur la réalité d’une promesse renouvelée d’un réseau cyclable express sécurisé (le REV) qui serait créé d’ici la fin du mandat…. et n’est toujours qu’un rêve pour les cyclistes pour l’instant. 

Face au temps qui presse, rappelé encore par le dernier rapport du Giec de cet été qui décrit l’emballement climatique en cours, Toulouse a besoin de politiques fortes et courageuses, en matière de mobilités pour permettre de réduire les bouchons et la pollution, en matière d’ilots de fraîcheurs (espaces verts de pleine terre), de logements accessibles à toutes et tous, de développement mais aussi rénovation d’équipements publics (écoles, équipements sportifs et culturels…) par exemple pour améliorer le cadre de vie et le quotidien des Toulousaines et Toulousains. 

Et c’est bien cela qui nous inquiète : depuis 7 ans, vos reculs, vos petits pas, votre gestion comptable, qui ne fait pas entrer Toulouse dans le XXIème siècle. 

Toutes les grandes villes de France sont engagées dans la transition écologique. Pas Toulouse. 

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