Élu Écologiste à Toulouse - Occitanie

Conseil Municipal du 8 octobre 2020

Je suis intervenu en séance du Conseil municipal le 8 Octobre dernier. Voici l’intégralité de mon propos liminaire :

« Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

La pandémie de Covid-19 illustre dramatiquement toutes les vulnérabilités de notre modèle prédateur. Elle provoque une crise économique et sociale sans précédent et accentue l’urgence d’agir pour organiser notre résilience, relocaliser l’économie, renforcer les services publics et tous les métiers du lien, consolider la protection sociale. 

La ville de Toulouse se doit d’agir en ce sens afin de protéger les Toulousaines et Toulousains.

Or, nous avons plutôt le sentiment que vous ronronnez, et isolez Toulouse des changements nécessaires et profonds qui s’engagent partout ailleurs.

Sur l’économie et l’emploi d’abord

Le candidat Moudenc disait qu’il serait “ le Maire qui sauvera les emplois”. Fraîchement élu Maire M. Moudenc, vous avez avoué votre impuissance en indiquant que votre marge de manoeuvre n’était pas celle d’un industriel, et en relativisant la dépendance de notre territoire à l’aéronautique. Cette impuissance se double aujourd’hui d’un silence incompréhensible au moment où la réalité de la crise économique vient démentir votre analyse et inquiète tant de Toulousaines et Toulousains.

Vous regardez passer les plans sociaux… 

Une 20aine de plans sociaux sont en cours avec 6529 suppressions de postes annoncées depuis mars 2020 (soit 7,84% de l’emploi industriel dans le bassin d’emplois de Toulouse).

Outre Airbus, les entreprises Daher, Liebherr, Scalian, Thalès, Expleo, Stelia, Simair, ou encore Sogeclair… la liste s’allonge de jour en jour.

Nous sommes la grande ville la plus touchée.

En 6 mois, + de 13000 emplois ont été envolés : le secteur de l’aéronautique a perdu la totalité des postes créés entre 2009 et 2019.

Avec 15000 suppressions d’emplois annoncés, dont 3378 rien qu’à Toulouse, Airbus fait partie des groupes les plus touchés par la crise.

La réalité est que la dépendance à quelques très grandes entreprises, Airbus pour l’aéronautique notamment, et sa vulnérabilité, a des répercussions sur toute l’économie.

Face à cela, un Xème rapport ne suffira pas, il faut être aux côtés des salariés qui subissent ces licenciements. 

Il vous faut assumer la place de premier magistrat de la capitale de l’aéronautique pour mettre autour de la table, non pas seulement quelques personnes dites experts, mais tous les acteurs concernés (Etat, collectivités, chefs d’entreprises, salariés, chercheurs, citoyens) et construire ensemble des réponses qui préservent les emplois et compétences d’aujourd’hui tout en accompagnant la conversion et création des emplois de demain. 

Sur le plan social ensuite,

Protéger les Toulousaines et Toulousains passe aussi par le soutien au secteur associatif. 

En la matière, votre politique s’inscrit dans une approche cloisonnée. Pour vous M. Le Maire, la culture se résume à une juxtaposition de secteurs, le sport à un certain nombre de clubs et les associations à un simple statut juridique. 

Cette approche montre ses limites alors que l’enjeu est bien global, transversal et ne peut se réduire à des réponses au coup par coup. 

La reconnaissance des apports essentiels du secteur associatif représente un enjeu majeur pour le groupe Archipel Citoyen. Nous encourageons notamment à questionner le modèle des appels à projet qui tend à mettre en concurrence les associations entre elles, au détriment de la coopération, pourtant indispensable dans un moment comme celui que nous vivons, les empêchant d’inscrire leurs actions dans le moyen et long terme. 

A Toulouse, depuis des années, les associations ont été malmenées, subissant quasiment toutes une baisse moyenne de 25 % sur 6 ans de leurs financements, sans concertation, mettant en péril la survie d’une bonne part d’entre elles. Ce traitement, qui s’appuie sur un simulacre d’égalité, est un signe manifeste d’une absence de vision politique de la municipalité et traduit un manque de considération générale pour les associations. 

Il est temps de reconnaître le rôle essentiel joué par le tissu associatif, en matière de cohésion sociale, de partage, d’échanges, d’action sociale et environnementale. 

Elles présentent une utilité sociale complémentaire à celle des politiques publiques. Les associations peuvent être un soutien pour apporter une expertise citoyenne utile à l’élaboration des politiques publiques. La confiance et la coopération entre collectivités et associations sont des facteurs de renouveau démocratique. 

La municipalité doit donc considérer les associations comme de réels partenaires pour construire ensemble des outils au service du commun. 

A ce sujet, et comme nous avons pu l’exprimer dans les différentes commissions municipales, nous avons besoin de transparence dans l’attribution des subventions.

Les délibérations qui nous sont soumises aujourd’hui restent cloisonnées, sans explication sur les critères d’attribution ou de rejet de demandes de subventions. 

Par ailleurs, elles restent dans la logique d’un soutien diminué de 25% qui avait été engagé dans le précédent mandat. 

Tout cela justifie que nous nous abstiendrons sur l’ensemble des subventions qui nous sont proposées aujourd’hui.

Face à cette situation,

  • Nous vous demandons tout d’abord un état des lieux par association des subventions versées depuis 2013 pour voir l’évolution de celles-ci et permettre une totale transparence en ce début de mandat. 
  • Nous préconisons ensuite la mise en place d’une commission d’attribution de l’ensemble des subventions pour redonner du sens à la vie associative. Cette commission pourrait être composée, outre d’élus de la majorité bien sûr, d’élus d’opposition et de citoyens tirés au sort.
  • Nous proposons enfin la signature d’un Pacte général qui illustrera la reconnaissance et la confiance mutuelle entre la collectivité et les associations. Ce Pacte pourrait prévoir la signature de “Conventions d’objectifs et de moyens” en lieu et place des appels à projet avec la majorité d’entre elles. 

En matière d’écologie enfin,

Protéger les toulousaines et toulousains passe aussi par l’engagement d’une politique écologique résolue. 

Mais en matière d’écologie, à Toulouse, ça sent le sapin…

Après + de 3 mois de travail, vous ne présentez aucune nouvelle orientation, aucune délibération relative à la lutte contre le dérèglement climatique, ou la perte de biodiversité.

La seule délibération qui prétend parler d’écologie est votre voeu sur l’installation de sapins naturels, bien que la décision proposée soit générale et ne porte même pas sur cela.

Tout cela serait risible, si la crise écologique n’était pas un sujet aussi grave.

Pendant que vous essayez de vous cacher derrière la polémique d’un arbre, les autres grandes villes engagent une forêt d’actions écologistes : cellule d’aide aux entreprises, expérimentation du dispositif zéro chômeur, pistes cyclables et politique vélo, nouveaux transports en commun, végétalisation de pleine terre, budget genré pour mettre en oeuvre une réelle égalité femmes hommes, politique culturelle renouvelée, encadrement des loyers, réduction des risques… 

Votre immobilisme en la matière sur tous ces sujets nous inquiète tant les enjeux sont vitaux.

Et à ce titre, nous présenterons un voeu relatif au lieu culturel le pavillon Mazar que vous vous étiez comme nous engagé à défendre pendant la campagne, un voeu sur l’encadrement des loyers pour que Toulouse rejoigne les villes de Paris, Lille, Lyon, Bordeaux qui s’y engagent, et enfin un voeu relatif aux risques industriels, car dans notre ville touchée par AZF dont nous fêtions le tragique 19ème anniversaire récemment, il n’est plus acceptable que de tels risques soient toujours si prégnants pour la sécurité et la santé des Toulousaines et Toulousains.

Nous ne souhaitons pas que Toulouse subisse l’isolement dans lequel vous l’enferet dont votre défaite à la présidence de France urbaine en est aussi le témoin récent.

Les urgences sanitaires sont le reflet d’urgences écologiques et sociales qui appellent à agir résolument pour transformer notre modèle de développement local.

Au fond, les voeux déposés donnent l’image de l’état d’esprit qui nous anime en ce début de mandat.

Les 2 voeux de votre majorité sont soit politicien soit général, et tous incantatoires.

Les 3 vœux de notre groupe Archipel Citoyen sont forces de propositions, concrets, et répondent à des enjeux sociaux, culturels, de santé et de sécurité en prise avec les réalités vécues par les habitant.es de Toulouse.

Face à une majorité de l’incantation, nous resterons des élu.es constructifs, et déterminés à faire en sorte que notre ville ne sombre pas dans un immobilisme dévastateur face aux nécessaires transitions écologique, sociale et démocratique dont les Toulousaines et Toulousains ont tant besoin. »

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