Élu Écologiste à Toulouse

Rapport Développement Durable 2021 : beaucoup de communication pour peu d’actes

Intro générale : le rapport Développement Durable, besoin d’indicateurs

Tout d’abord, je suis étonné M. le Maire que vous ne présentiez pas vous-même ce rapport. C’est M. Chollet, conseiller délégué à la qualité de l’air, qui le fait. En effet, en début de mandat, vous aviez indiqué que vous prendriez en charge vous-même la politique de développement durable, qui devait être la preuve de votre engagement pour cette question. 3 ans après, ce n’est ni le Maire ni un adjoint qui présente cette vision globale. Vous confirmez donc que votre engagement était donc comme votre bilan, de la simple communication.

Ce rapport devrait permettre de rendre compte de cette évaluation pour éclairer le débat d’orientations budgétaires qui doit obligatoirement être après ce rapport développement durable.

Or, pour évaluer, il faut des indicateurs.

Le tableau général des indicateurs de suivi qui avait été mise en place dans le précédent mandat a disparu.  On retrouve éparpillés quelques dizaines d’indicateurs, quasiment que des indicateurs de résultat et pas d’impact, et surtout beaucoup d’indicateurs d’évolution en pourcentage, pour donner l’illusion que l’on va dans le bon sens, quand on avance si peu. Et à la fin, une petite dizaine d’indicateurs résumés. Pour rappel, il y avait 240 indicateurs dans les 83 fiches du plan climat.

Le principal indicateur, celui de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre, a disparu. Nous savons déjà que nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire par une baisse de nos émissions de seulement 9% et votre nouveau plan climat ne permet toujours pas d’atteindre les objectifs que nous avons toutes et tous adoptés de baisse de 40% des émissions de GES d’ici 2030.

Propos global politique sur le rapport : Toulouse dans le rouge, changeons de vision !

Dommage que dans votre rapport, contrairement à la métropole, vous ayez supprimé la carte des ilots de chaleur urbains : cette carte montrait que notre ville est dans le rouge avec une intensité de l’ilot de chaleur forte et moyenne sur tout le territoire et quasiment pas de zones de végétation. C’est dire l’urgence d’agir.

De même, pas d’indicateurs à la fin du rapport contrairement à celui de la métropole.

Il est temps de changer de regard dans l’ensemble des projets d’espace public et urbains, à travers un urbanisme de partage !

Inspirez-vous ! Ne faites pas simplement venir des représentants d’ailleurs comme au forum Toulouse Zéro Carbone il y a 3 semaines pour parler. Faites comme eux. Penser l’urbanisme de partage, c’est penser d’abord l’espace commun comme lieu de vie.

Aujourd’hui, 80% de l’espace public est de la voirie. Comme l’expliquait très bien la représentante de Bologne, il faut penser d’abord l’espace public, puis le paysage, et ensuite la densité et la voirie.

Dans les projets urbains menés aujourd’hui, nous avons un problème d’usages et de services. Aujourd’hui, nous réalisons soit des lotissements ou maisons en diffus sans accès aux services publics et commerces, soit des logements collectifs sans la nature = nous devons penser à allier calme, proximité des commerces et nature dans la vision urbaine, partout et pour toutes et tous.

Quelques focus thématiques issus du rapport sur votre bilan :

  1. TRANSPORTS : une vision punitive, que des contraintes et pas assez de solutions

Sur les alternatives à la voiture individuelle, c’est le classement du Parisien du 16 octobre dernier qui analyse les données publiques sur les infrastructures et usages de 96 villes met en avant celle où la voiture peut devenir optionnelle. Toulouse, 4ème ville de France, se place à la 16ème position… loin derrière Grenoble, Lyon, Paris, Bordeaux, Lille, Rouen, Rennes et bien d’autres. Tout est dit.

De mauvaise augure alors que vous mettez en place d’ores et déjà simplement les contraintes de la ZFE… votre vision punitive de l’écologie donc.

Le mauvais classement de Toulouse dans les alternatives à la voiture individuelle ne va pas s’arranger quand on voit votre bilan et les perspectives…

  • LA PIETONISATION

Le rapport développement durable démontre que la piétonisation avance peu. Vous ne donnez pas les chiffres bruts pour masquer le ridicule des augmentations en pourcentage, de 2% des aires piétonnes entre 2020 et 2021. Sur ce sujet, JL Moudenc a récemment fait une interview où il disait expliquer comment il comptait accélérer la piétonisation…. Après 8 ans de mandat, quand les autres grandes villes de droite comme de gauche ont déjà engagé celle-ci depuis + de 10 ans, on avait hâte. Et au final, à part la rue de Metz et le pont St Pierre qui seraient piétonisés, on en voit pas de réelle stratégie globale et cohérente, tant pour le centre-ville que les faubourgs… pour le centre-ville, vous êtes prêts à ouvrir le débat d’une piétonisation notamment le samedi… finalement sur ce sujet, on ressent davantage de la résistance au changement qui s’impose à la réalité citoyenne des usages qui poussent à ce changement.

  • Le VELO 

Le schéma directeur cyclable que vous avez fait adopter en 2019 affiche une ambition de 1000 km en 10 ans, ce qui donne en moyenne 600 km à l’échelle de ce mandat, soit environ 100 km par an, à l’échelle de la métropole, et au donc au moins 50 km par an pour la ville de Toulouse, si ce n’est +.

Entre 2020 et 2021, vous avez réalisé 3 km de pistes cyclables nouvelles, soit 16 fois moins que le rythme que vous devriez réaliser.

D’autres agglomérations comme Lyon investissent 5 fois plus pour le vélo.

Vous communiquez sur un x 2 du budget, la réalité est que votre réalisation c’est divisé par 16 !

Toulouse pédale…sur place !

Vous avez beau jeu d’afficher la belle carte du réseau de REV, cela restera dans ce mandat encore un dessin, et un rêve pour les cyclistes et futurs cyclistes de l’agglomération puisqu’au bout de 8 ans de mandat, vous lancez à peine la concertation, et ne réaliserez donc pas pleinement cette promesse de 2014 à l’horizon 2026.

Changez de braquet !

  • TRANSPORTS EN COMMUN

Dans le rapport de développement durable, en transports en commun structurants (des transports à haut niveau de service avec voies dédiées qui garantissent le trajet, et cadencement important), vous affichez comme seul nouveau projet réalisé : le Téléo, qui a été enfin inauguré après 5 ans de retard du fait de votre volonté d’abandonner puis rependre le projet. Et dans vos annonces du plan de sobriété, vous avez décidé de réduire l’offre de services à la fois du métro et de Téléo. Quel signal catastrophique et surtout quel contre sens politique, au moment de devoir proposer des alternatives à la voiture avec notamment la mise en place de la ZFE. A peine inauguré, le Téléo réduira donc son service en s’arrêtant à 22h au lieu de 0h, et le métro réduire aussi sa fréquence, même si c’est dans une moindre mesure.

Quant à l’offre de lignes de bus dites plus étoffées, vous ne présentez pas le nombre de kilomètres du réseau global qui démontrerait l’augmentation réelle ou non de l’offre de services. La réalité est que pour l’essentiel, vous améliorez des lignes existantes à travers les Linéo, mais ne créez pas de nouvelles offres et de nouveaux kilomètres pour desservir des territoires qui n’ont pas aujourd’hui de transports en commun.

Quant au RER, j’en ai parlé dans mon liminaire, je n’y reviens pas.

= En résumé, le développement des transports en commun stagne de manière générale voire régresse alors que la ZFE que vous avez choisie, qui ne propose que des contraintes, demande + que jamais des solutions alternatives à la voiture individuelle.

2. ENERGIE : l’efficacité énergétique, pilier d’une lutte contre le dérèglement climatique et ses effets notamment pour nos enfants

Nous sommes en état d’ébriété énergétique. Pour engager la transition énergétique, il ne suffit donc pas de développer les énergies renouvelables. Votre rapport montre d’ailleurs qu’en la matière, on recule à Toulouse concernant l’hydroélectricité, -15% d’électricité produite entre 2020 et 2021.

Mais surtout, l’enjeu est sur la sobriété et l’efficacité.

En la matière nous devons d’abord être exemplaire.

Or, sur la consommation, la collectivité ne baisse quasiment pas, -0,2% entre 2020 et 2021 la consommation énergétique de ses bâtiments. Il manque donc une politique de sobriété efficace. Et ce ne sont pas vos annonces ridicules de sobriété sur lesquelles je suis intervenu en liminaire qui nous y aident.

Et un plan de réhabilitation énergétique de nos bâtiments municipaux devrait s’engager et être priorisé dans la PPIM sur laquelle nous reviendrons dans le débat d’orientation budgétaire.

Vous dites avoir réalisé en 2021, 1,7 million d’euros pour des travaux d’économie d’énergie dans les écoles (chaudières, menuiseries…). C’est ridicule… et même si on ajoute les éclairages LED, on atteint tout juste 3,3 millions d’euros. On est loin des 11 millions d’euros par an annoncés lors de la conférence de presse pour la rénovation des écoles. Comment vous croire ? La réalité : l’état des écoles toulousaines est déplorable donnant le sentiment d’un abandon des écoles vétustes. Vous parliez tout à l’heure du mandat de Cohen, ce sont 60 millions d’euros réels pour la réhabilitation d’écoles qui ont été engagés.

Il est temps d’investir à la hauteur des besoins, sachant que notre ville n’est pas au niveau d’investissement des autres grandes villes, nous y reviendrons au DOB avec Michèle Bleuse

3. NATURE EN VILLE : une ville qui étouffe

Nous avons vécu cet été une canicule qui a démontré l’urgence d’agir en matière de végétalisation, création de véritables ilots de fraîcheurs et de plantation d’arbres centenaires de demain en plein sol plutôt que des arbres en pot.

Dans votre rapport DD, vous prétendez réaliser des cours d’école « oasis » désimperméabilisées et végétalisées. Le souci est que dans les cours qui ont fait l’objet de votre expérimentation, nous avons pu faire le constat que pour l’essentiel, il n’y avait que du sol désimperméabilisé sans ilot de fraîcheur, et au mieux 1 arbre planté. Cela n’a rien d’une oasis.

Votre plan arbres qui a annoncé 100 000 arbres n’est en réalité qu’un plan de 60000 arbres plantés par la collectivité.

En 2021, vous prétendez avoir planté 15552 arbres. Dans ce chiffre, il y a déjà 750 jeunes plans distribués lors du forum du Capitole végétal dont rien ne dit qu’ils ont été plantés et plantés à Toulouse. Les plantations que vous avez effectuées sont donc de 14802. Ensuite, dans ce chiffre annoncé, il y a 4820 jeunes plants plantés en micro-forêt, 1600 jeunes plants plantés en milieu naturel. Quid donc des 8382 arbres restants ? Des arbres en pot ou dans 20-30 cm de terre donc qui ne grandiront jamais et mourront dans 10 ans ?!

Quant aux arbres abattus, vous n’en parlez pas… vous disiez tout à l’heure que chaque arbre abattu sera remplacé par 2 ou plusieurs arbres. Mais comme je vous le disais, un arbre centenaire qui joue un rôle de climatiseur par l’ombre et fraîcheur produite ne peut pas être par 2 ou même 10 jeunes plants d’arbres qui mettront des dizaines d’années pour pouvoir jouer leur rôle de climatiseur. Donc l’enjeu est bien de préserver les arbres anciens pour s’adapter au dérèglement climatique à l’œuvre dès aujourd’hui.

Votre communication masque mal votre absence de concret. Vous continuez à annoncer des grands parcs urbains qui n’en sont pas : le grand parc Garonne a été retardé de sorte que le poumon vert de l’île du Ramier ne sera pas accessible dans ce mandat, le grand parc canal reste pour l’instant une autoroute urbaine, le grand parc de l’Hers vous y programmez une jonction Est donc une bretelle autoroutière supplémentaire… davantage des grands parcs routiers donc !

Conclusion : changeons de trajectoire pour Toulouse

En conclusion, le rapport développement durable démontre combien notre territoire n’est pas dans une trajectoire d’adaptation au dérèglement climatique déjà en cours et de changement clair de modèle de développement pour plus de justice sociale et environnementale.

Vous vous réjouissiez tout à l’heure des résultats de la participation citoyenne « des idées dans mon quartier » qui iraient selon vous dans le sens de la politique municipale… Les idées plébiscitées sont en effet des orientations écologiques : des pistes cyclables, la végétalisation…. Si ces idées sont demandées, c’est bien la preuve qu’il y a un manque en la matière.

Pourtant, ce rapport doit nous éclairer pour orienter et en l’occurrence réorienter nos choix politiques afin que nos politiques garantissent les finalités de cet outil : la lutte contre la pauvreté et les inégalités, la lutte contre le dérèglement climatique et la perte de biodiversité et la santé des habitantes et habitants de notre agglomération.

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Antoine Maurice

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