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L’heure d’été

Edito de la lettre d’informations du groupe des élus Verts de Toulouse et du Grand Toulouse - juillet 2010

La trêve estivale est l’occasion de revenir sur les derniers mois, et les dossiers qui ont marqué la vie politique de Toulouse et du Grand Toulouse en ce premier semestre 2010.

Je ne m’attarderai pas sur le dossier de l’eau, sur lequel les élus Verts se sont clairement démarqués depuis le début de l’année, l’eau potable étant pour les écologistes un service public essentiel tant sur le plan social, environnemental que patrimonial.
Ainsi, nous avons été les seuls à ne pas voter la poursuite de la délégation de service public à Veolia jusqu’en 2020. Ironie de l’histoire, à Montbéliard, sous l’impulsion du socialiste Pierre Moscovici, la majorité de gauche a fait un choix proche pour ne pas dire identique à celui que nous avons défendu à Toulouse : baisse du prix de l’eau ET retour en régie publique du service de l’eau potable.

De ces derniers mois, je retiens aussi la mise en oeuvre par la Ville d’une méthode inédite pour aborder le sujet de la vidéosurveillance.
Ainsi, le 24 juin, une mission municipale composée d’élus municipaux (et parmi lesquels Elisabeth Belaubre et moi-même représentions le groupe des élus Verts) a auditionné neuf experts internationaux.
Ces auditions ont permis de poser les enjeux juridiques, éthiques, économiques, politiques, soulevés par cette technologie.
Un temps de reflexion bienvenu... Car le débat public sur les questions d’insécurité est trop souvent pollué par la démagogie de certains responsables politiques, qui instrumentalisent l’émotion légitimement suscitée par des faits divers pour donner dans la surenchère sécuritaire, en faisant miroiter des solutions simplistes à des problèmes profonds.
Un sillon malheureusement creusé par le Président de la République, depuis longtemps maintenant, avec les résultats que l’on connaît…
Or les auditions organisées par notre municipalité nous ont justement conforté dans le constat que la vidéosurveillance symbolise le mythe de la technologie supposée réduire la violence qui monte dans notre société.
Au délitement du lien social et des règles de vie collective, les caméras ne répondent que par moins de présence humaine ! Pour preuve, le nombre de postes de policiers et gendarmes diminue de 2 744 dans le budget 2010 de l’État. Sans parler des éducateurs de rue, des personnels de prévention....la limitation drastique des moyens humains, les coups portés à la Justice (fermeture de tribunaux, suppression du juge d’instruction…) sont autant de freins à une politique globale à la hauteur des problèmes. Car les questions de sécurité ne relèvent pas uniquement de la technologie ou de la bonne coopération entre les différents corps, mais aussi du contact, du suivi, de l’encadrement, missions pour lesquelles les moyens humains sont indispensables.
De plus, aucune étude sérieuse (qui serait menée en toute indépendance des pouvoirs politique et économique) n’a permis d’attester en France de l’efficacité préventive ou répressive de la vidéosurveillance sur l’espace public, qui aurait surtout pour effet de déplacer la délinquance en dehors du champ des caméras. Lorsque l’on connaît le coût de ces installations et le risque qu’elles représentent pour les libertés individuelles, il y a matière à réflexion... Quant aux évaluations réalisées à l’étranger, elles apportent plusieurs enseignements : l’efficacité dissuasive de la vidéosurveillance est très variable selon le type d’espace et le type de faits ; elle n’a notamment aucun impact sur les délits impulsifs et sur ceux commis par des personnes sous l’emprise de drogues ; elle dissuade peu les délinquants qui adoptent des mécanismes de dissimulation et des stratégies d’adaptation à l’outil. Sa faible efficacité dissuasive tend de plus en plus à la transformer en un outil de police judiciaire, voire en une machine à tout faire, ce qui nuit à son efficacité.

Pour toutes ces raisons, dans les prochains mois, les élus Verts de Toulouse s’attacheront, sur ce sujet, à ce que notre majorité ne fasse pas croire, qu’il n’est de solutions que dans une fuite en avant technique. Alors que notre société souffre de sa déshumanisation, de la violence de ses rapports économiques, de la distension des liens de proximité…

Je ne peux pas conclure cet édito sans m’inquiéter du retard que prend l’adoption et donc la mise en œuvre du Plan de Déplacements Urbains (PDU). Le gouvernement oublie bien vite les belles déclarations du Grenelle de l’environnement, durant lequel il revendiquait « l’adaptation des infrastructures de transports aux défis énergétiques et écologiques actuels », en donnant son aval à des projets autoroutiers comme Toulouse-Castres. Dans ce contexte il est plus que jamais de la responsabilité de nos collectivités de développer des transports alternatifs à la voiture, pour répondre à l’asphyxie de notre agglomération, lutter contre le changement climatique, et anticiper l’après-pétrole.
Après des décennies d’immobilisme, c’était tout le sens du travail accompli par Stéphane Coppey, l’ex président Vert de Tisséo, dans le cadre de la révision du PDU.
Nous serons donc très vigilants à ce que l’ambition qu’il a porté se poursuive, pour être au rendez-vous de nos engagements électoraux, et à la hauteur de l’urgence écologique et sociale.

Rendez-vous en septembre, et d’ici là, bon été à toutes et à tous !

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