Propos liminaires au nom du groupe Toulouse écologiste et solidaire lors du Conseil municipal du 6 février 2026
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs,
Nous sommes réunis aujourd’hui pour le dernier conseil municipal de la mandature.
Il se tient dans un contexte particulier : celui d’une campagne électorale déjà engagée. Dans un contexte international marqué par les guerres et la fragilisation des démocraties — et dans un contexte national où notre vie démocratique est sous tension — nous devrions ici être particulièrement exigeants sur la qualité de notre débat public.
Or, cette campagne prend depuis plusieurs semaines un tour préoccupant.
Vos supports récents procèdent par caricature, extraction de propos hors contexte et mise en cause personnelle d’adversaires. Ce n’est pas notre conception du débat démocratique. Ces méthodes dégradent le débat public.
C’est pour ces raisons que nous présenterons un vœu appelant à une campagne digne, respectueuse des principes démocratiques et du débat républicain.
Plus encore, certaines délibérations à l’ordre du jour aujourd’hui reprennent, dans leur objet même, des engagements présentés comme des promesses de campagne : la demande de financement pour le déploiement de 250 nouvelles caméras de vidéosurveillance, et la mise en œuvre d’une expérimentation de vidéosurveillance « assistée » par intelligence artificielle.
Ces orientations — qu’il s’agisse du renforcement massif du maillage de caméras ou du recours à des technologies d’analyse automatisée — ont été formulées publiquement dans le cadre de la campagne municipale en cours.
Un conseil municipal n’est pas un outil de campagne.
En conséquence, nous refuserons de participer au vote des délibérations qui relèvent manifestement d’engagements électoraux et non de la gestion courante de la collectivité.
Par ailleurs, depuis le 1er septembre, date d’entrée en période électorale, nous assistons à une multiplication inédite des inaugurations : 27 en cinq mois. Cette concentration interroge.
S’agissant de l’utilisation des moyens publics en période électorale, je rappelle qu’une plainte pour financement illicite de campagne électorale et détournement de fonds publics, liée à l’usage de ressources municipales durant la campagne des municipales de 2020, a été déposée auprès de la justice et a conduit à l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet d’Auch. Cette procédure est toujours en cours.
Dans un tel contexte, notre responsabilité collective est d’être irréprochables. Il ne doit subsister aucun doute sur la séparation entre l’action institutionnelle et la campagne électorale.
Ce conseil municipal n’est pas tout à fait un conseil comme les autres.
Il clôt une mandature. Et pour plusieurs d’entre nous, il marque la fin d’un engagement commencé il y a près de deux décennies.
Je veux d’abord saluer les élus qui ne se représenteront pas. La démocratie locale repose sur des femmes et des hommes qui acceptent l’engagement, l’exposition et le débat au service de l’intérêt général.
Au sein de notre groupe écologiste, plusieurs d’entre nous ne serons pas candidats en 2026.
Merci à Michèle Bleuse et à Romain Cujives, qui ont traversé ces 18 années à mes côtés. Nous avons mené ensemble des campagnes, défendu des positions parfois minoritaires, assumé des choix exigeants. Leur fidélité à leurs convictions honore la vie publique.
Je veux également remercier Philippe Perrin, qui a fait, en cours de mandat, un choix exigeant, celui de la cohérence avec ses convictions écologistes.
Et je veux dire à Hélène Cabanes et à Isabelle Hardy combien leur engagement et leur solidité ont compté dans ce mandat — et continueront de compter.
Je veux dire à l’ensemble du groupe des élus écologistes ma fierté d’avoir tenu cette ligne ensemble — parfois minoritaires, souvent exigeants, mais toujours unis et fidèles à nos convictions.
Je veux aussi remercier nos collaborateurs de groupe — Joachim, Julie et Joshua — pour leur travail, leur engagement et leur loyauté durant ces années. Leur rigueur et leur disponibilité ont été précieuses dans l’exercice de notre mandat.
Être élu local, ce n’est pas seulement voter des délibérations. C’est porter une vision de la ville et l’inscrire dans le temps long.
Pour ma part, cela fait 18 ans que je siège dans cet hémicycle. 18 ans au service de Toulouse.
Depuis 18 ans, avec le groupe des élu.e.s écologistes, je défends une conviction simple : l’écologie n’est pas un sujet parmi d’autres. Elle est une matrice. Elle traverse les politiques publiques.
En 2020, l’écologie à Toulouse a cessé d’être périphérique. Elle a montré qu’elle pouvait rassembler largement et incarner une alternance crédible. Cela a contribué à faire évoluer certaines orientations de notre ville : les pistes cyclables, les cours oasis, les outils de démocratie participative. Et au moment de terminer ce mandat, je veux relever ce que nous avons contribué à faire bouger.
Dans l’opposition, nous avons été exigeants. Parfois fermes. Toujours constructifs.
Parce qu’au fond, la question n’est pas seulement de gérer une ville. Elle est de savoir où on l’emmène.
Ce conseil municipal sera pour moi le dernier. Je ne serai pas candidat aux prochaines municipales.
Après 18 années d’engagement, je sais combien l’action publique exige lucidité, constance et humilité.
Les mandats passent. L’engagement, lui, reste.
Je pars avec une conviction intacte : Toulouse peut — et doit — être plus écologique, plus solidaire et plus démocratique.
Et je souhaite que les semaines à venir permettent à notre ville d’ouvrir un nouveau cycle, fidèle à cette exigence écologique et solidaire.
Servir Toulouse a été un honneur.
On peut sortir d’un hémicycle.
Mais le combat pour sa ville continue.